Souveraineté électorale : la Guinée veut assumer seule le coût de sa présidentielle

À un peu plus d’un an du scrutin présidentiel prévu le 28 décembre 2025, la question du financement du processus électoral suscite de vifs débats en Guinée. Le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a réaffirmé ce week-end la position des autorités : le pays entend assumer seul les coûts liés à l’organisation des élections.

« La Guinée n’a pas besoin d’aide financière extérieure » 

Lors d’une conférence de presse organisée à Conakry, le ministre Ousmane Gaoual Diallo a insisté sur la volonté du gouvernement de financer le processus électoral sans recourir à des fonds étrangers.

Selon lui, cette démarche s’inscrit dans la logique de souveraineté revendiquée par les autorités de transition.

> « Il ne fait l’objet d’aucun doute que notre pays a pris un autre chemin quant à la réappropriation de son destin, même électoral. On ne peut pas être un pays connu pour son nationalisme et sa volonté d’affirmation, et ne pas pouvoir assumer les fondamentaux de notre souveraineté en finançant les élections », a-t-il déclaré.

Le ministre a également souligné que cette position reflète la vision du président de la République :

> « Le président a toujours eu cette lecture : il n’y a pas d’ambiguïté sur la volonté de notre pays de prendre en charge toutes ses élections. »

Une ouverture à l’assistance technique, mais pas financière 

Tout en réaffirmant le refus d’une aide monétaire, Ousmane Gaoual Diallo a précisé que la Guinée restait ouverte à d’autres formes de coopération.

> « On n’a jamais dit qu’on ne veut pas d’assistance, mais cette assistance n’est pas financière », a-t-il indiqué.

Il a notamment évoqué la possibilité d’un appui logistique ou institutionnel à travers des missions d’observation électorale.

> « Le fait que la CEDEAO ou l’Union africaine envoient des observateurs pour contribuer à la transparence du scrutin est déjà une forme d’appui. Mais il n’est pas question qu’un pays amène de l’argent pour financer notre élection. »

La CEDEAO aurait proposé une aide financière, refusée par Conakry 

Le ministre a révélé que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait proposé de contribuer au financement du processus électoral, une offre que la Guinée a déclinée.

> « Il y a eu des offres, mais ce n’a jamais été notre chemin. La CEDEAO s’était engagée à financer une partie, mais cela n’a jamais été revendiqué par le gouvernement », a-t-il expliqué.

Selon Ousmane Gaoual Diallo, cette décision s’inscrit dans une volonté d’autonomie et devrait inspirer d’autres pays africains.

> « C’est plutôt une bonne chose. Tous les pays africains devraient s’inspirer de cette démarche pour apprendre à assumer leur statut de nations indépendantes. »

Un coût électoral estimé à 40 millions de dollars 

Interrogé sur le coût prévisionnel de la présidentielle, le ministre a évoqué une estimation d’environ 40 millions de dollars, tout en précisant qu’il ne s’agissait que d’une approximation.

> « Non, je ne sais pas combien cela va coûter, mais de façon générale, une présidentielle comme celle-ci peut tourner autour d’une quarantaine de millions », a-t-il indiqué.

Ce budget couvrirait notamment les dépenses logistiques et matérielles :

> « L’achat des machines pour le recensement, la rémunération des agents, les équipements comme les urnes, les imprimantes, les ordinateurs… Tous ces éléments servent à plusieurs scrutins. »

Le ministre a conclu en précisant que les détails du financement relèvent des services compétents du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) et du ministère des Finances.