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IMAGE Intégration: la Tunisie accélère son adhésion à la CEDEAO !
mardi 21 novembre 2017
(Agence Ecofin) - En visite à Tunis, ce lundi, le président de la commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Marcel de Souza, et les autorités tunisiennes ont signé un mémorandum d’entente visant la mise en place d’une feuille de route, pour la... Read More...

Baadiko: " Il n'est plus question de réformer la CENI. Elle doit être dissoute..."

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Nous apprenons que la CENI a décidé de  fixer la date la prochaine élection présidentielle au 11 octobre 2015, tandis que les élections communales sont renvoyées au 1er  trimestre 2016. Ce dernier développement a le mérite de lever définitivement le doute que certains pouvaient avoir sur la vraie nature de cette institution en charge de l’organisation des élections en Guinée, en lieu et place du Ministère de l’Administration territoriale.

 

 constat

Le mandat des élus communaux a expiré depuis décembre 2009. En inversant l’ordre des consultations pour mettre les élections communales après les présidentielles, la CENI s’est alignée sur le pouvoir dont la constance est de violer en permanence les dispositions constitutionnelles, en particulier la fixité des mandats électifs. Plus grave, cette décision en forme de coup de force, intervient alors que la CENI est restée totalement sourde aux appels que nous avons lancés avec d’autres pour la reprise du fichier électoral, levier principal de la fraude massive qui se prépare.

De WAYMARCK à GEMALTO, le système très sophistiqué permettant de fabriquer des résultats électoraux pour le pouvoir est resté le même et s’est même perfectionné. Ce système fait de manipulation des listes électorales, de bureaux de vote fictifs, de bourrage des urnes, de brouillage des bureaux de vote et de diktat de l’Administration, a prouvé sa redoutable efficacité lors des dernières élections présidentielles de 2010 aux législatives du 28 septembre 2013.     

La CENI a montré ainsi sa soumission totale au pouvoir du RPG-Arc-en Ciel. Son caractère non indépendant est adroitement masqué par la présence en son sein de représentants de l’opposition dont le seul mérite est de percevoir des salaires confortables et de servir de faire-valoir.

La CENI renouvelée en 2012 est restée sur la même lancée que la précédente, sinon pire : elle est chargée de mettre en œuvre les volontés du pouvoir en place, en violant la souveraineté du peuple. En contrepartie, le pouvoir ferme les yeux sur les graves allégations d’enrichissement illicite qui pèsent sur elle. La question reste posée de savoir si le pouvoir lui-même ne corrompt pas la CENI aux frais du contribuable guinéen, pourvu que ses volontés soient exécutées. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi, en toute illégalité, le système de bipolarisme politico-ethnique qui règne sur notre pays avait empêché l’UFD de siéger à la CENI. Il incombe à l’opposition de prendre l’ultime décision de maintenir ou non ses représentants à la CENI en sachant que cette CENI est incompatible avec l’exigence d’élections libres et équitables.

 Nos propositions

Face à une telle situation pleine de dangers, l’opposition, doit mettre au point une stratégie cohérente et rester solidaire au delà des intérêts partisans, pour privilégier l’intérêt national. Il ne doit plus être question de « recomposer » la CENI. Celle-ci doit être immédiatement dissoute et remplacée par une véritable CENI indépendante composée d’hommes et de femmes compétents, crédibles et consensuels dont le rôle est d’organiser d’élections crédibles, transparentes et équitables.

La nouvelle CENI doit reprendre le recensement des électrices et des électeurs de Guinée et de l’extérieur afin de produire un fichier fiable, n’excluant pas sciemment certains citoyens en âge de voter.

 

Aucune élection ne doit se tenir avant ces préalables. Tout retard dans la mise en œuvre de ce dispositif, s’il aboutit à la prorogation du mandat de l’actuel président, doit entraîner la mise en place d’une nouvelle transition et la tenue d’une Conférence nationale – Vérité – Justice et Réconciliation.

 

Face au blocage politique actuel et le refus catégorique de dialogue sérieux par le pouvoir, nous ne pouvons qu’encourager l’opposition parlementaire à refuser de s’installer dans le  crétinisme parlementaire auquel le pouvoir la destine, avec une assemblée totalement stérile et déconnectée de toutes les graves préoccupations de l’écrasante majorité de la population qui croupit dans la misère et le désespoir. Il faut espérer que l’opposition sera ferme dans sa décision et que les menaces de privation de salaires et autres avantages ne la feront pas reculer. Si elle veut être logique avec elle-même et conséquente, l’opposition guinéenne ne peut pas demander à la population vivant à la limite de la survie, de consentir de lourds sacrifices en observant  la désobéissance civile pour le triomphe de la démocratie, alors qu’elle-même a toutes les raisons de rester en dehors.

 

A cet égard, c’est le lieu de saluer l’action courageuse et exemplaire des membres du Parlement Burkinabe de transition qui, dans la droite ligne des options novatrices sinon révolutionnaires de Thomas Sankara, a posé comme premier acte, le vote d’une loi complète contre la corruption et l’enrichissement illicite, source de misère pour le plus grand nombre et d’injustice sociale. On ne peut qu’être affligé de la comparaison avec la Guinée : chez nous, un pouvoir qui a prétendu être venu pour le changement, piétine ouvertement et insolemment la constitution, en refusant  de respecter la déclaration des biens des dirigeants, favorisant ainsi la corruption et le pillage à ciel ouvert du bien public auquel nous assistons impuissants, pendant que le peuple, particulièrement la jeunesse, se meurt dans la misère et l’abandon.

 

Nous appelons le peuple de Guinée à refuser de se prêter à la mascarade électorale qu’on lui prépare, de tirer les dures leçons des graves méfaits de l’idéologie ethniciste et à se mobiliser pour prendre son destin en main et en finir avec la misère, la violence, la dictature, la division et l’injustice et bâtir dans l’unité retrouvée, une véritable démocratie, pour la justice et le progrès au bénéfice de tous. 

 

Fait à Conakry, le 14 Mars 2015

Pour l’UFD, le Président

Mamadou BAH Baadiko

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