Fin du dialogue politique guinéen:L’opposition accepte d’aller aux élections avec Way-Mark en posant dix conditions!

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CONAKRY, 09 JUIN 2013- Fin ce dimanche 08 juin du dialogue politique inter guinéen avec des notes de satisfaction. L’opposition républicaine a accepté d’aller aux législatives en souhaitant qu’elle recrute elle-même deux sociétés internationales pour faire l’expertise du fichier fait par l’opérateur sud-africain. Elle a, en outre, obtenu la mise en place d’un comité de veille pour surveiller le fonctionnement de la CENI. Elle demande l’indemnisation de toutes les familles victimes des violences et la diligence de la commission d’enquête autour des violences survenues à Conakry ces derniers mois. Voici le résumé de la déclaration faite par M.Saïd Djinnit, facilitateur international du dialogue. 

 

A l’entame de son discours, Saïd Djinnit a souligné que  les parties ont été en mesure de faire des avancées significatives. Avant que le dialogue ne commence, il a rappelé qu’il y a  eu des consultations qui ont impliqué tout le monde sur la création des conditions d’un dialogue sans conditions, sans tabou. Il a rappelé qu’une première réunion s’est tenue  le 3 juin  en regroupant notamment la mouvance et l’opposition et d’autres partis prenantes et des responsables du gouvernement en présence de la communauté internationale.

A l’occasion de cette réunion, un ordre de jour en quatre points a été retenu. Des mesures d’accompagnement ont été prises, notamment de  l’importance d’envoyer des messages qui convient pour donner la chance au dialogue en créant un climat d’apaisement. Sur cette base, le dialogue a commencé formellement le 5 juin.  A l’ordre du jour : la question de l’opérateur way-mark, le fonctionnement de la CENI, le vote des guinéens de l’étranger et le chronogramme électoral. Selon toujours Saïd Djinnit, après la séance d’ouverture présidée par le Premier Ministre Saïd Fofanan, c’est François  Lounseny Falla qui a facilité les discussions sur les substances du dialogue, en présence de l’opposition, des représentants du gouvernement, et des partenaires techniques.

Le dialogue a commencé par l’examen du fonctionnement de la CENI. A ce niveau, les parties prenantes ont été d’accords pour que des mesures soient prises pour remédier aux dysfonctionnements. Il a été convenu de demander à la CENI de respect le  règlement intérieur, la et la périodicité des réunions. Il a été acté la mise en place d’un comité de veille inclusif avec une présidence d’un représentant de la Cour Suprême et des représentants du Gouvernement, et des partis politiques, pour s’assurer que la CENI fonctionne sur des nouvelles bases.  

Du vote des guinéens de l’étranger, la mouvance qui avait des réserves a fini par le sléver. Il a été convenu que les guinéens vivant à l’étranger pourraient participer aux législatives sur la base des listes de 2010. S’agissant de la question de Way-Mark, les deux parties ont eu des positions divergentes. La Mouvance n’a pas eu d’objections concernant l’opérateur. La délégation de l’opposition a exprimé des réserves sur tout ce qui a trait à l’opérateur et souhaité des corrections.  La communauté internationale a été invitée à apporter des clarifications concernant l’opérateur ‘ La Francophonie, l’Union Européenne, le PNUD, les Etats-Unis et la  CEDEAO ont  relevé que le processus de confection du fichier électoral a été sécurisé et des mesures prises pour ça. Que toutes les mesures ont été faites pour que le fichier soit bon. Qu’ils sont  disposés à prendre des mesures additionnelles et à mobiliser des moyens exceptionnels pour accompagner toute autres décisions qui seront prises pour améliorer le fichier.

Sur la base des ces  assurances et de ces clarifications, les partenaires ont précisé à toutes les parties prenantes que l’opérateur Way-Mark ne sera pas impliqué dans le reste du processus électoral qui relèvera d’autres organes. Sur la base de toutes ces qualifications, le collège des facilitateurs, dans l’esprit du compromis,  a lancé un appel pour demander à l’opposition de bien vouloir, au vu de toutes ces garanties, d’accepter d’aller aux législatives sur la base du partenaire technique way mark, avec toutes les mesures de sécurités et des mesures additionnelles.

A ce niveau, l’opposition a souhaité se consulter pour revenir avec des propositions. L’opposition a déclaré qu’elle serait prête à aller aux législatives avec Waymark à conditions que des garanties soient apportées à dix questions :

Mesures sociales : indemnisation des familles touchées par les violences, diligenter les enquêtes pour juger les responsables des violences.

Mesures politiques :  que les élections soient inclusives et que tous les leaders participent librement au vote, que l’administration territoriale reste neutre par rapport aux élections, pendant le processus électoral. Ils ont  demandé la réouverture et la révision des listes électorales, la recomposition des CARLES. L’opposition a demandé à ce qu’elle recrute deux experts qui vont s’ajouter à l’équipe des experts internationaux pour examiner le fichier fait par Way-Mark.

Pour la présidentielle de 2015, les opposants souhaitent le recrutement d’un nouvel opérateur. Elle a exprimé le souhait du couplage des législatives et des communales pour éviter trop de frais.

Selon M.Djinni, au nom du dialogue, des recommandations ont été faites à toutes les institutions. S’agissant de la recomposition des CARLES et de la révision des listes électorales, les deux parties ont convenue de s’en remettre à la CENI. La CENI a annoncé que ces deux demandes sont possibles mais qu’elle souhaite avoir un délai raisonnable pour revenir avec des propositions. La délégation de la mouvance a réservé sa position sur ce point, attendant d’avoir la réponse de la CENI.

S’agissant du recrutement d’un nouvel opérateur pour la présidentielle de 2015, la Mouvance a estimé que cette question pourrait être examinée par l’Assemblée Nationale.

Parlant du chronogramme, il a été dit que cette  question est  entre les mains de la CENI.

Les débats ont été francs, fraternels et conviviaux, a ajouté Said Djinnit qui  a salué l’ouverture des guinéens dans la recherche du compromis. «  Nous souhaitons qu’il y ait des compromis dynamique. Nous avons fait de tels avancés qu’il n’est pas permis de ne pas espérer… », a déclaré M.Saïd. Avant d’ajouter que le Collège des facilitateurs va continuer à engager les parties prenantes pour le suivi de toutes les recommandations issues de cette rencontre.  

Enfin, Saïd Djinnit a salué et remercié François Lounceny Fall, qui a fait des efforts exceptionnels pour diriger ce dialogue. « Il a donné la parole à tous, équitablement. Il a été mu par l’équité pour que le temps soit donné au dialogue », a conclu le facilitateur algérien.